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Cette peinture de Jean Mieg montre Mulhouse en 1820 : au premier plan, on aperçoit le canal et le futur bassin, creusé entre 1804 et 1812 pour la partie mulhousienne. Des prisonniers de guerre espagnols y ont travaillé (Musée historique)
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LA FILATURE DMC1812

Un trésor industriel sur le fil…

Quel avenir pour la filature DMC de 1812 ?
L’ensemble du site DMC est le reflet d’un quart de millénaire d’histoire industrielle. A cheval sur le banc de l’ancien village de Dornach et le territoire de l’ancienne cité-état de Mulhouse le site de l'entreprise constituait au début du 20ème siècle, avec ses 100 hectares, l’une des plus grandes usines d’Europe.
Une exposition des étudiants du Master Patrimoine et Musées de l'Université de Haute Alsace (www.infodoc.flsh.uha.fr)
S’occuper de patrimoine c’est chercher à maintenir, à nouer ou renouer les fils qui lient une communauté à son passé et à son avenir. C’est ce rôle de passeur que les étudiants de la Filière Patrimoine et musées de la Faculté des Lettres ont voulu jouer. Ils y mettent en jeu tous les savoirs acquis au cours de leur formation à Mulhouse et aussi tout leur cœur.

 

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ITINÉRAIRE DE DÉCOUVERTE DE QUELQUES GRANDS NOMS DE L'HISTOIRE DE MULHOUSE (Journées du Patrimoine 2010)

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« La Place des Grands Hommes» (Cour des Chaînes) n’est certes pas le nom officiel de cette placette, mais les murs peints (1992) qui l’ornent présentent quelques uns des personnages les plus représentatifs du panthéon mulhousien. Nombre d’entres eux figurent en bonne place dans cet itinéraire, composé tout spécialement à l’occasion des Journées du Patrimoine 2010. On peut y reconnaître Frédéric 1er de Hohenstaufen dit Barberousse (*1122 – †1190), à l’origine du développement de Mulhouse, mais également les trois co-fondateurs de la première manufacture d’impression sur étoffes Samuel Koechlin, Jean-Jacques Schmalzer et Jean-Henri Dollfus, Josué Hofer, le dernier greffier-syndic de la République de Mülhausen tenant dans ses bras la première enfant née française, Henriette Reber-Koechlin, les industriels Jean Dollfus, André et Nicolas Koechlin.

La visite débute par le jardin des senteurs. Ce jardin municipal a été aménagé à l’arrière de la Cour des Chaînes. Ce bâtiment est bâti sur l’emplacement d’une cour noble du XIVème siècle, remanié à la fin du XVIème siècle par le prévôt de Landser. Au XVIIIème siècle sont adjointes les deux ailes que font de cette antique demeure patricienne une manufacture de toiles imprimées. En effet, la manufacture Eck, Schwartz et Cie investit les lieux en 1763 pour y imprimer des toiles peintes, activité à l’origine du prodigieux essor industriel de la ville au XIXème siècle. Les manufacturiers, à la recherche de grands espaces où installer les tables à imprimer, s’orientent souvent vers les anciennes demeures patriciennes de la ville haute pour installer leurs ateliers. Dans le cas présent, la présence de chaînes destinées à préserver l’espace situé devant la manufacture lui a donné son nom actuel. L’arrière du bâtiment est construit sur l’ancien mur d’enceinte de la ville, érigé au XIVème siècle. Le jardin permet d’observer le dernier tronçon conservé du mur d’enceinte avec son chemin de ronde, si l’on excepte les vestiges de la tour du Bollwerk et les deux tours du XIIIème siècle, vestiges de la forteresse épiscopale, que sont les tours Nessel et du Diable. Le cours d’eau, qui traverse le jardin des senteurs, a été aménagé entre 1987 et 1989, symbolise les anciens fossés de la ville, bras dérivés de l’Ill et d’un embranchement d’un canal dérivé de la Doller (Dollergraben, sur l’emplacement de l’avenue Kennedy). Le jardin des senteurs, à l’origine installé sur les terrasses du quartier de l’Europe, rue de Metz, a été transféré à cet emplacement en 1989. Sa réalisation est due au Dr Rolf Benner, ophtalmologiste. Son idée de développer un jardin où les malvoyants seraient à leur aise pour découvrir la nature a été à l’origine du développement de cet espace. Les 130 essences ont été sélectionnées afin d’offrir, tout au long de la période de végétation, le plus grand nombre possibles d’expériences olfactives. Les explications sont données en braille comme en écriture pour voyants.

La visite continue en longeant le jardin des senteurs, et donc les anciens remparts, vers la rue de l’Arsenal et la Porte Haute. La rue de l’Arsenal porte ce nom en raison de la transformation de l’ancienne église des Augustins en dépôt d’armes par la République de Mülhausen après la Réforme religieuse intervenue entre 1523 et 1529. La Porte Haute, dont l’emplacement se situe au débouché du passage emprunté à la sortie du jardin des senteurs, débouchait sur la campagne. La proximité des prés de l’Ill, mais également du canal du Steinbächlein, dérivation de la Doller, explique l’implantation des premières manufactures dans la ville haute. Les prés permettaient l’étendage des tissus écrus pour le blanchiment, mais également après les opérations d’impression et de teinture. L’eau alcaline et dépourvue d’alluvions (contrairement à l’eau de l’Ill, calcaire et chargée de lœss) permettait d’arroser le tissu en vue de le blanchir, puis à rincer les toiles imprimées. Ce n’est donc pas un hasard si, empruntant le boulevard Roosevelt, l’ancien faubourg de Belfort, nous longeons deux des premiers bâtiments installés hors les murs au XVIIIème siècle : la manufacture Huguenin l’aîné (1788) sur la gauche de la rue, à l’angle de la rue Gutenberg, et la manufacture de tissage de siamoise (mélange de coton et de soie) et de teinture Laurent Weber (1792), dont une partie des ateliers a été transformée en maisons d’habitation (barrette) et la maison de maître, remarquable construction classique de la fin du XVIIIème siècle, se trouve dans la cour à l’arrière de la clinique du Diaconat. Relevons d’ailleurs que ce monument historique, malheureusement non classé, a fait l’objet d’une demande de permis de démolir par la susdite clinique du Diaconat dans le but de réaliser son agrandissement. L’on aurait pu imaginer une fin plus glorieuse pour un immeuble de cet intérêt historique et architectural.

En face se situe le parking qu’occupait de 1854 à 1976 l’école professionnelle devenue le lycée en 1893. Elle jouxtait l’école de dessin de la Société industrielle, construite en 1855.

La caisse d’épargne, construite en 1912, a été dessinée par l’architecte Charles Schulé. La création de la caisse d’épargne de Mulhouse remonte à 1827.

Le monument aux morts, élevé en 1925, a été privé se ses deux allégories de la paix et des deux dragons qui l’ornaient à l’origine par l’occupant nazi en 1942. Les dragons ont été depuis réinstallés au jardin zoologique. L’obélisque, seul élément subsistant du monument originel, a été décoré d’une statue féminine en 1954 (sculpture de François Cacheux).

Au n° 16, maison natale du sénateur Auguste Scheurer-Kestner.

Auguste Scheurer-Kestner (*1833 -†1899)

Le nom de Scheurer-Kestner est associé à la chimie thannoise et à l’Affaire Dreyfus.

Mulhousien, il devient thannois en épousant Céline Kestner, la fille du fondateur en 1802 des usines chimiques maintenant bicentenaires. Après des études à Mulhouse, Paris et Strasbourg, il devient chimiste dans l’entreprise de toiles imprimées de son père, la Société Scheurer-Rott. Après son mariage en 1856, il prend la direction de l’entrepris de son beau-père. Excellent chimiste, il participe à des congrès internationaux, publie de nombreux comptes-rendus dans le bulletin de la Société Industrielle de Mulhouse, dont il est membre depuis 1854 et dont il assume le secrétariat pour le comité de chimie de 1869 à 1872.

Profondément francophile, il met ses talents au service du gouvernement de la Défense nationale : il fabrique une bonbonne de nitroglycérine qu’il ne peut utiliser pour faire sauter le viaduc de Lutzelbourg et il est nommé par Gambetta directeur de l’Etablissement pyrotechnique de Sète.

En 1884, il fusionne son entreprise thannoise avec plusieurs autres pour créer « la Fabrique de produits chimiques de Thann et Mulhouse » qui prend, sous son impulsion, une dimension internationale. Au sein de son entreprise, il développe des relations particulièrement novatrices avec les ouvriers (intéressement aux bénéfices).

Ardent républicain, il paye sa lutte contre l’Empire d’un emprisonnement. Il est l’un des signataires de la Protestation de Bordeaux et il démissionne de son mandat après la signature du traité de Francfort. Il opte en 1872 et son nom signifiant la plus grande intransigeance patriotique lui vaut d’être élu en 1875 sénateur inamovible. Début 1895, il est nommé vice-président du Sénat et acquiert cette année-là la conviction de l’innocence de son compatriote mulhousien, Alfred Dreyfus. Il fait de l’Affaire Dreyfus le dernier combat de sa vie politique et il meurt le jour même où le président Emile Loubet signe la grâce de Dreyfus.

La visite reprend en direction de la vieille ville via le boulevard Roosevelt, la rue de l’Arsenal, la place de la Concorde et la rue du Raisin.

La place de la Concorde possède un bel immeuble datant de 1875 implanté à la place de l’ancienne hostellerie du Raisin qui datait de 1455 et fut détruit par un incendie en 1873. Michel de Montaigne y séjourna en 1580.

Par la rue du Raisin, on accède à la rue Henriette, l’ancienne Schulgasse, rue de l’école. Au n° 32 se situe l’ancien poêle de la corporation des Vignerons, une des six corporations qui gouvernaient la ville du XVème siècle à 1798. La vigne a joué un grand rôle dans l’économie mulhousienne, et a longtemps représenté un enjeu économique important pour la ville.

La rue doit son nom à Henriette Reber, épouse Koechlin, née le jour du rattachement de la République de Mülhausen à la France, le 15 mars 1798, et donc premier enfant né Français à Mulhouse. Elle meurt à Mulhouse le 28 novembre 1854. Epouse d’Edouard Koechlin, dont elle a 7 enfants, elle est veuve en 1841 et devient coassociée de l’entreprise Koechlin Frères, dont le principal actionnaire est son beau-frère Nicolas Koechlin. Son frère Henri-Napoléon Reber (*1807 - † 1880), est un compositeur de musique qui a connu son heure de gloire sous le Second Empire. Professeur d’harmonie au Conservatoire de Paris en 1851, il entre à l’Académie des Beaux-arts en 1853 et devient professeur de composition au Conservatoire de Paris en 1862. On lui doit un ballet et cinq opéras, mais également de nombreux morceaux de musique de chambre. Il a également composé un traité d’harmonie. Il est enterré au Père-Lachaise .

Au débouché de la rue Henriette, on arrive sur la place de l’Hôtel de ville, cœur historique de Mulhouse, à la foi symbole de l’autorité religieuse, politique et économique de la cité. La maison Mieg, ainsi dénommée du fait de sa possession au sein de cette famille de 1679 à 1840, est construite sur un emplacement probablement bâti depuis le XIIIème siècle. La maison est mentionnée à cet emplacement depuis 1418. Il s’agissait à l’origine d’une ancienne cour noble transformée en hostellerie et qui porte le nom de « zur Sonne », exploitée en son temps par Martin Brüstlein, hôtelier, mais également capitaine des troupes mulhousiennes alliées aux Confédérés et héros de la bataille de Pavie en 1512. Son plus célèbre occupant demeure Matheus (Mathieu) Mieg, (*1756 - † 1840), dit le chroniqueur. Echevin de la ville-République en 1780, il devient chef de la tribu (Zunftmeister) des agriculteurs en 1796. A ce titre, il siège au Petit Conseil de la ville. Il s’oppose jusqu’au bout à la réunion de Mülhausen à la France. Vaincu par les éléments, il se résigne à la fin de l’indépendance de la ville-République. Nostalgique de l’alliance helvétique, il conserve le seul étendard de corporation, celui des agriculteurs (conservé au Musée historique), les autres ayant été symboliquement détruits lors de la fête de la Réunion du 15 mars 1798. Il fait également réaliser des fresques de sa composition sur la façade de sa maison, rappelant les heures glorieuses de la Confédération helvétique, dont la bataille de Sempach contre l’Archiduc d’Autriche en 1386 et son héros, Arnold von Winkelried. Matheus Mieg est également célèbre pour avoir rédigé une chronique de Mulhouse en 1815, qui lui a valu son surnom. Lors de sa visite à Mulhouse en septembre 1828, Charles X lui décerne la Légion d’honneur, que Matheus Mieg accepte, scellant ainsi symboliquement son adhésion à la Réunion, trente ans après celle-ci.

Par la Place de l’Hôtel de Ville, on accède à la Place Lambert. A l’angle de l’ancien « Häfelemarkt » ou marché aux potiers, à l’emplacement d’un ancien cimetière, se situe la maison natale de Jean-Henri Lambert. La colonne, en réalité un instrument scientifique, puisqu’il s’agit d’une méridienne (cadran solaire donnant l’indication du midi solaire) a été érigée par souscription des Mulhousiens en 1828, pour célébrer le centième anniversaire de sa naissance. Edouard Koechlin (époux d’Henriette Reber) dépose secrètement un message dans la sphère en cuivre gravée de la carte du ciel (les étoiles dorées sont apposées sur la sphère). En pleine Restauration, il y porte les paroles suivantes : « Vive la France, vive la liberté, tel est le vœu de tout citoyen ! » le tout entouré d’un ruban tricolore (les couleurs de la France sont alors le blanc fleurdelisé). Lors de la démolition de l’ancienne église réformée Saint-Etienne en 1858, la colonne est démontée et placée à la Porte Haute devant l’école professionnelle (Cf. explications boulevard Roosevelt). La colonne est déplacée et restaurée en 1912 à l’occasion de l’élargissement du boulevard et de la construction de la caisse d’épargne. Enfin, en 1993, le monument retrouve, à quelques mètres près, son emplacement originel. Une nouvelle fois restauré, il a repris sa fonction de cadran solaire.

Johann-Heinrich (Jean-Henri) Lambert (* 1728- † 1777)

D’une famille huguenote originaire de Wallonie implantée à Mulhouse depuis le premier tiers du XVIIe siècle, Jean-Henri Lambert est d’abord un intellectuel nomade. Copiste à la Chancellerie de Mulhouse, puis employé aux forges de Seppois-le-bas, puis précepteur, on le retrouve à Munich en 1759 où il est membre de l’Académie des Sciences. Pendant plusieurs années, il voyage entre Coire(Chur), Bâle et Berlin.

On dit qu’il s’est intéressé aux Sciences et en particulier à l’astronomie à partir de 1744 lorsqu’il assista au passage d’une comète. Il laisse son nom dans la toponymie de la lune et de Mars. En plus d’être cosmologue, il est aussi physicien, mathématicien, météorologue et cartographe : on lui doit les célèbres projections Lambert que tous les lecteurs de cartes topographiques connaissent. Cet esprit encyclopédique est emblématique du XVIIIe siècle des Lumières et de l’Aufklärung.

Par la rue de la Lanterne, on rejoint la rue du Sauvage. A l’angle de la rue de la Lanterne et de la place des Victoires (« Gänzleplatz », la place aux oies), se trouvait l’hostellerie de la Couronne, installée depuis 1455 à l’emplacement d’une maison privée. L’hostellerie, fort bien située à l’angle de la rue la plus passante entre la porte de Bâle et la porte Jeune (route de Bâle à Strasbourg) et à l’embranchement du marché (rue Mercière et place de l’Hôtel de Ville) a très vite prospéré. Depuis le dernier tiers du XVIIIème siècle la Couronne était le point de départ de la poste à chevaux vers Thann et Altkirch, puis à partir de 1814 vers Bâle, Colmar et Strasbourg. Son déclin commence avec le développement du chemin de fer (1839 vers Thann, 1841 vers Bâle et Strasbourg). La famille Baumgartner exploite l’hostellerie de 1724 à 1821.

Marguerite Spoerlin (* 1775 ; † 1856), née Baumgartner, riche de l’expérience et des traditions culinaires de sa famille, a rédigé en 1811 « l’oberrheinisches Kochbuch », dont le titre français a été parfois interprété sous le vocable « la cuisinière du Haut-Rhin ». Il s’agit d’un des premiers livres de cuisine sous son acception contemporaine, une sorte d’incunable de la gastronomie moderne. Marguerite Baumgartner est l’épouse (1796) en troisièmes noces du pasteur Johannes Spoerlin (* 1747 ; † 1802) et belle-mère par alliance de Johannes Züber, fondateur de la manufacture de papier-peint de Rixheim. Veuve de bonne heure, elle rédige cet ouvrage qui connaît un succès de librairie extraordinaire en collaboration avec le théologien Theobald Muntz. L’oberrheinisches Kochbuch va être réédité durant tout le XIXème siècle, tout d’abord en allemand, puis parallèlement à une traduction française. Il demeure un grand classique de la littérature gastronomique, mais donne surtout une image très fiable des goûts et du savoir-faire des cuisiniers de la seconde moitié du XVIIIème siècle. Marguerite Spoerlin est la mère de l’écrivaine, poétesse et romancière éponyme (* 1800 - † 1882) dont une rue de Mulhouse porte le nom.

La maison d’angle entre la rue de la Lanterne et la rue du Sauvage est la maison natale d’Alfred Dreyfus (* 1859 - † 1935) dont la biographie est développée plus loin.

L’itinéraire, par la rue Mercière, conduit à l’Hôtel de Ville. L’Hôtel de Ville, construit en 1432 à l’emplacement actuel, brûle accidentellement durant la nuit du 31 janvier au 1er février 1551. Reconstruit sur les mêmes fondations que l’ancien bâtiment, le nouvel Hôtel de Ville est inauguré le 22 décembre 1553. Peint dès l’origine, son décor s’enrichit au cours des ans. La décoration symbolise les vertus théologales et cardinales, marquant de ce fait le grand attachement de la Ville-République à la foi réformée (Réforme introduite entre 1523 et 1529). Les peintures rappellent également les fonctions politiques exercées dans la Palais municipal : législatif (le Grand conseil, issu des six Tribus ou Zünfte), l’exécutif et le pouvoir judiciaire (issus du Petit conseil, également émanation des Tribus, mais également le fruit d’une répartition oligarchique du pouvoir entre quelques familles influentes). Le greffier-syndic, haut fonctionnaire municipal exerçant à la fois les fonctions de secrétaire général de la municipalité, d’archiviste mais également de représentant diplomatique de la Ville-République, officiellement souveraine depuis 1648 (Traités de Westphalie, dans le même mouvement que les XIII Cantons helvétiques). Si, à l’instar des Cantons helvétiques les bourgmestres exerçaient le pouvoir durant une période relativement courte, le greffier-syndic, au contraire, assurait la stabilité et la continuité de l’activité municipale. Il était donc recruté avec beaucoup de soin par la Ville. Il en est allé ainsi avec le dernier d’entre eux, Josua Hofer.

Josua Hofer (*1721 - †1798)

Le greffier-syndic Josué Hofer est le symbole de la bourgeoisie mulhousienne d’Ancien Régime : il combat la Réunion de Mulhouse à la France dans laquelle il voit une perte de liberté. Il meurt six mois après s’être résigné à signer le traité de rattachement.

Fort classiquement, il fait ses études de droit à Bâle et à Strasbourg avant de soutenir à Bâle sa thèse en 1744. Il est auditeur du Conseil souverain d’Alsace. Nommé commis à la chancellerie de Mulhouse, il succède à Jean-Henri Reber comme greffier-syndic à partir de 1748.

Il assure plusieurs missions diplomatiques pour renforcer l’intégration de sa ville dans l’alliance suisse. Il représente la ville à plusieurs reprises dans les diètes de Frauenfeld et à plusieurs réceptions d’ambassadeurs.

En 1786, il est chargé des démarches auprès du gouvernement français pour obtenir la permission inconditionnelle d’introduire dans le Royaume les produits de l’industrie mulhousienne.

Reçu membre de la Société Helvétique en 1763, il la dirige en 1781.

Le passage par le passage du Théâtre (autre itinéraire possible par la rue Guillaume Tell) permet d’accéder à l’ancien enclos des Chevaliers Teutoniques (deutsche Ritter) présents à Mulhouse dès avant 1236 et jusqu’en 1780, date de la vente de la dernière parcelle par les Chevaliers, qui ont transféré définitivement leur commanderie à Rixheim en 1660. L’hôtel particulier qui abrite le musée des Beaux-arts a été érigé par Johannes Vetter, manufacturier de son état. L’immeuble est cédé par ses héritiers au baron de Fries, d’origine mulhousienne, mais ayant fait fortune à Vienne où il est anobli. En 1804, la maison est acquise par Jean-Georges Steinbach, d’où son nom actuel. L’immeuble est légué à la Ville en 1894. Le Musée des Beaux-arts y est abrité. Mulhouse a compté un grand nombre d’artistes, et ce depuis la Renaissance. Le développement de la manufacture de la toile peinte, ou indienne, a développé le besoin en compétences artistiques à Mulhouse, qui compte, grâce à Société industrielle de Mulhouse, un cours de dessin depuis 1828. Ce cours s’est transformé en école de dessin et de gravure, avant d’être transformé en école municipale des Beaux-arts en 1945 (actuellement nommée « le Quai »).

Nombre d’artistes ont été formés à cette école, dont la vocation professionnelle est indéniable mais n’a pas empêché des vocations plus libres.

Henri Zislin (* 1875 ; †1958) est le fils d’un dessinateur industriel dans l’atelier duquel il débute sa carrière, après avoir étudié à l’école de dessin de la SIM. Très sensible au poids du pangermanisme, il emploie très rapidement son talent à tourner les Allemands en dérision. Il fonde dès 1903 une revue satirique, le Klapperstein (pierre des bavards), puis en 1905 Durs Elsass als Bundestaat (à travers l’Alsace, Etat fédéré). En effet, à cette époque l’Alsace-Moselle est encore un « Reichsland », sorte de copropriété des autres Etats fédérés. Un fort courant autonomiste débouche d’ailleurs sur l’adoption d’une constitution régionale très libérale en 1911. La Première guerre mondiale stoppe net ce mouvement vers l’émancipation, alors que le jacobinisme français prive les trois départements recouvrés en 1918 de toute autonomie effective (… avant les lois de décentralisation de 1981). Henri Zislin à Mulhouse et Jean-Jacques Waltz à Colmar (plus connu sous son nom de plume « Hansi ») lancent des piques de plus en plus acerbes contre les pangermanistes, s’attirant les foudres des autorités allemandes. Zislin connaît à plusieurs reprises la prison à partir de 1905 pour ses propos et caricatures jugées subversives et diffamatoires. Son succès, tout comme celui de Waltz, sort renforcé par ces déboires judiciaires. Les deux compères sont invités à Paris où ils sont fêtés comme des héros du sentiment patriotique français, dont ils entretiennent la flamme après plus de quarante années d’annexion. Waltz et Zislin n’hésitent pas en 1914 à s’engager dans l’armée française, dans laquelle ils servent durant toute la guerre comme interprètes. Il reprend son travail de caricaturiste après la guerre, fondant de nombreuses publications. Après l’invasion de 1940, il est arrêté et enfermé deux mois à la Santé, avant d’être expulsé. Plus polémique que Jean-Jacques Waltz, son dessin est plus vif, son humour plus caustique. Il sera toujours aux avant-postes dans la polémique anti-pangermaniste. Alors que les dessins plus folkloriques de « l’oncle Hansi » valent à ce dernier une notoriété jamais démentie, le Mulhousien Zislin désormais tombé dans l’oubli.

En longeant l’avenue Auguste Wicky, on débouche sur la rue de la Sinne et le Théâtre municipal. En 1867 est constituée à Mulhouse une société par actions dont l’objet est de doter Mulhouse d’un théâtre digne de son importance. L’immeuble est bâti sur les plans de l’architecte bernois Frédéric-Louis de Rutté. La salle est due au Parisien Philastre. L’aventure tourne court, la société déposant son bilan. La ville rachète le théâtre en 1875 et municipalise l’exploitation. Le bâtiment est agrandi et embelli en 1904, 1911 et 1913. Mulhouse a compté de nombreux auteurs de théâtre, essentiellement en alémanique mulhousien. En effet, durant la période wilhelminienne, le dialecte local a servi de vecteur au maintien d’une identité forte. Auguste Lustig a sans doute été l’un des auteurs les plus célèbres du théâtre alsacien en Haute Alsace.

Auguste Lustig (*1840 - †1895) : dessinateur pour l’industrie, puis retoucheur en photographie. Il compose tout d’abord des poèmes en allemand et en français, puis se met à écrire en alémanique (1875). Il écrit une pièce de théâtre, toujours en alémanique « drei Liebschafta » (trois histoires d’amour) en 1879, suivie d’une vingtaine d’autre pièces. Il collabore également à deux journaux locaux en tant que billettiste. Son œuvre en alémanique connaît un immense succès… local. A sa mort, en 1895, un monument funéraire est érigé par souscription à sa mémoire. Modeste et sérieux, il laisse une œuvre enjouée et colorée, tout à fait dans l’esprit mulhousien. Ses pièces sont encore jouées dans le cadre des représentations du théâtre en alémanique.

Par la rue de la Sinne, on arrive à la maison de la famille Dreyfus, au n° 45, construite en 1866 pour cette famille d’industriels israélites originaire du village de Rixheim, à côté de Mulhouse.

Alfred Dreyfus (1859-1935), « le plus célèbre des Mulhousiens »

Les Dreyfus sont installés à Rixheim depuis des siècles. C’est le grand-père d’Alfred, Jacques, commerçant de grains, qui accomplit la montée en ville. Raphaël, le père, entre dans le commerce textile avant de fonder, en 1864, les filatures de la Cité.

L’annexion de 1871 change le cours de la vie d’Alfred : il décide de quitter l’Alsace et de s’engager dans la carrière militaire en accord avec ses parents, profondément républicains et francophiles. Il est reçu à l’école Polytechnique en 1878, promu capitaine en 1889 et admis à l’Ecole de guerre en 1890.

Soupçonné d’avoir fait passer des documents à l’Allemagne, il est condamné en 1894 pour trahison à la dégradation et à la déportation à vie. Seule sa famille croit alors à son innocence.

En janvier 1898, Emile Zola en publiant son j’accuse dans le journal de Clemenceau transforme l’affaire judicaire en affaire politique.

Dés lors, s’opposent deux France, celle des antidreyfusards antisémites et persuadés que l’Armée et la Nation méritent le sacrifice d’un individu et les dreyfusards républicains et socialistes qui défendent les valeurs universelles de liberté et de vérité.

Après que la Cour de cassation, « toutes chambres réunies », ait, en juin 1899, cassé le jugement de 1894, un nouveau procès devant le Conseil de guerre se tient à Rennes : elle aboutit à l’absurde verdict de culpabilité avec circonstances atténuantes et à la grâce présidentielle. Le combat continue jusqu’en 1906, lorsque la Cour de Cassation rend enfin un arrêt de réhabilitation.

Au débouché de la rue de la Sinne, à gauche, on parvient à la place de la République et au Nouveau Quartier. Ancien secteur de vergers et de jardins, hors les murs de la cité médiévale, le terrain devient stratégique avec le développement de la ville au début du XIXème siècle. Le percement du canal du Rhône au Rhin et les besoins en logement bourgeois rendent stratégique cet emplacement non soumis aux inondations de l’Ill. Deux industriels mulhousiens Nicolas Koechlin et Mathieu Dollfus s’allient à une famille de banquiers bâlois, les Merian, pour fonder la Société du Nouveau Quartier. Leur but n’est rien d’autre que de construire une ville nouvelle aux portes de l’ancienne cité médiévale, destinée à la nouvelle classe des industriels, mais également aux commerçants et membres des professions libérales. Le quartier se veut moderne et fonctionnel, comportant également des locaux destinés aux services, afin d’en faire un véritable centre tertiaire. L’opération débute de façon satisfaisante en 1825. Deux jeunes architectes strasbourgeois, Stotz et Fries réalisent une architecture néo-classique empreinte d’une grande élégance, donc les arcades ne sont pas sans rappeler la rue de Rivoli. La crise industrielle de 1827 met fin au rêve d’une nouvelle cité, la Société étant contrainte d’arrêter les constructions faute d’acheteurs. Subsiste un très bel ensemble, caractérisé par une place triangulaire, chose extrêmement rare. A l’entrée du square se trouve le monument dédié à Jacques Koechlin.

Jacques Koechlin (*1776 ; †1834) : Jacques Koechlin est le petit-fils de Samuel Koechlin, cofondateur de la première manufacture de toiles peintes de Mulhouse en 1746. Il est le frère de Nicolas Koechlin, industriel, précurseur du chemin de fer et homme politique (à l’origine de la loi sur le travail des enfants de 1841). Jacques Koechlin est nommé maire en 1814. Il démissionne durant la Restauration mais est réélu entre 1819 et 1820. C’est en 1819 qu’il fonde et paye de ses deniers l’orphelinat, ce qui lui a valu de se faire dédier le monument (à l’origine placé derrière l’orphelinat de la rue des Orphelins, le monument a connu un déménagement avant d’être installé square de la Bourse en 2002 à la demande du conseiller municipal délégué au Patrimoine, Edouard Boeglin). Libéral, Jacques Koechlin s’oppose frontalement à la monarchie de la Restauration. Il complote à deux reprises contre la monarchie (complot Caron en 1820, complot de Belfort en 1822). Prenant la défense de Caron lors du second complot de celui-ci, fin 1822, il est condamné à la prison ferme à Sainte Pélagie (délits politiques). Libéral et patriote, proche de La Fayette, Jacques Koechlin est représentatif d’une nouvelle élite issue du milieu industriel. Il symbolise parfaitement l’aile la plus avancée de la bourgeoisie industrielle mulhousienne, dont les valeurs illustrent parfaitement l’idéal entrepreneurial teinté de philanthropie décrit par Max Weber.

Les arcades du Nouveau Quartier, érigées entre 1825 et 1827 subissent d’importants dégâts en 1944, lors des bombardements alliés visant la gare. Les travaux de la reconstruction permettent à un jeune architecte mulhousien de faire ses premières armes, il s’agit de François Spoerry.

François Spoerry (*1912 - † 1999) est sans aucun doute l’architecte le plus célèbre de Mulhouse. Il débute sa carrière professionnelle à Strasbourg en 1930. De 1932 à 1934, il est l’assistant de Jacques Coüelle, réputé pour son engagement dans le mouvement de l’architecture-sculpture. Il est diplômé de l’Ecole des Beaux-arts de Marseille en 1943. Résistant, il est déporté à Buchenwald et Dachau. Après la guerre, François Spoerry s’installe à son compte à Mulhouse. Il débute son activité avec les chantiers de la reconstruction. Une de ses premières missions consiste à relever les bâtiments bombardés du Nouveau Quartier. Il marque de son empreinte l’urbanisme mulhousien des années 1960 à 1980 avec la tour de l’Europe, la tour Wilson, la résidence Clemenceau ou encore l’ensemble résidentiel Pierrefontaine (dont il tire le nom de l’emplacement du Steinbächlein).

Il prend une envergure internationale en développant le modèle de la marina, avec Port Grimaud. Il réalise d’autres ensembles du même type aux Etats-Unis (New York, Louisiane), Mexique, Italie et Espagne. Son style, sans pouvoir être qualifié de postmoderne, a donné une impulsion importante dans le sens de la définition du Nouvel urbanisme.

En poursuivant sous les arcades, on arrive à l’Hôtel de la Société industrielle de Mulhouse.

Propriété de cette dernière, l’immeuble, bâti par la Société du Nouveau quartier. A l’origine le bâtiment est divisé en trois lots distincts. L’aile droite et l’aile gauche sont des hôtels particuliers du plus grand luxe, comportant jardins et dépendances abritant écuries et garages à voitures. Elles appartiennent aux deux actionnaires principaux de la Société, Nicolas Koechlin (à droite) et Mathieu Dollfus (à gauche). Le bâtiment central n’a pas de fonction particulière et appartient à la Société du Nouveau quartier. Nicolas Koechlin lui prédit une fonction collective (Bourse, Chambre de commerce), mais sans en prévoir la cession à court terme. La Société industrielle de Mulhouse est fondée en 1826 par de jeunes industriels mulhousiens, presque tous issus de la bourgeoisie réformée et majoritairement membres de la loge maçonnique « La parfaite harmonie ». Nicolas Koechlin, sceptique dans un premier temps, est enthousiasmé par le dynamisme de cette société d’émulation. Il lui offre le bâtiment central en 1829. Par la suite, après donations et ventes à un prix avantageux, la Société industrielle achètera au cours du XIXème siècle les deux hôtels particuliers.

Nicolas Koechlin (* 1781 - † 1852) ; Nicolas Koechlin résume à lui tout seul toute la philosophie entrepreneuriale du Mulhouse de la première moitié du XIXème siècle. Audace, libéralisme, philanthropie, un sens aigu des affaires, font de ce petit-fils de Samuel Koechlin (cofondateur de la première manufacture de toiles peintes en 1746) un modèle de capitaine d’industrie. Fervent bonapartiste, il devient aide de camp de l’Empereur durant la campagne de France (1814) et les Cents jours, ce qui lui vaut d’obtenir la Légion d’honneur (en fait, elle ne lui sera remise qu’en 1828 par Charles X, lors du passage de ce dernier à Mulhouse). Député (libéral) du Haut-Rhin de 1830 à 1841, il sera l’initiateur de la loi sur le travail des enfants (1841), arrachée de haute lutte, mais sans effet réel, faute de la création d’un corps d’inspecteurs d’Etat, pourtant demandée. Il connaît son heure de gloire avec le développement du chemin de fer. Véritable visionnaire, il crée la première ligne alsacienne, Mulhouse-Thann, en 1839, une des premières lignes d’Europe continentale. Il poursuit en 1841 avec la ligne Strasbourg-Bâle, première ligne internationale de l’histoire. S’étant attiré l’ire de la banque parisienne, il se voit entravé dans son ambition de créer la ligne Paris-Strasbourg, dont il sera évincé bien qu’il ait investi beaucoup d’argent dans son projet (ouverture de la ligne en 1851). Il meurt aigri en 1852, après avoir englouti une bonne partie de son immense fortune dans l’aventure.

La Société industrielle de Mulhouse, née sur le modèle des Sociétés d’émulation du 1er empire en 1826 a permis au bassin industriel du Haut-Rhin de connaître un développement extraordinaire au XIXème siècle. Précurseur des clusters de l’arc industriel alpin, elle avait comme vocation l’acquisition, le développement et le partage du savoir industriel et technique au profit de ses membres. La SIM a très tôt développé une politique de propagation du savoir, par la création d’une bibliothèque technique, la création d’écoles (reprise et développement de l’école de chimie créée en 1822, école de dessin, école supérieure de tissage et de filature). Dans ce cadre, elle a su attirer des scientifiques et des ingénieurs de grand talent. Parmi ceux-ci, ont peut compter Achille Penot, qui fut également philanthrope.

Achille Penot (*1801 - †1886)

Surprenant parcours mulhousien que celui du catholique nîmois Achille Penot !

Né catholique en terre protestante gardoise, il n’arrive à Mulhouse qu’en 1825 comme régent de physique au collège de la ville. Il s’y fixe plus de trente ans et n’en part qu’en 1871, comme beaucoup des élites mulhousiennes, pour se replier sur Lyon.

Tout en enseignant au collège mulhousien, il suit les cours au collège de France d’Ampère, du baron de Thénard, de Chevreul et d’Arago. Licencié puis docteur es Sciences en 1828, il est d’abord un enseignant et un vulgarisateur de la Science avant l’heure. Il est ainsi inspecteur des écoles primaires de l’arrondissement d’Altkirch en 1833, membre du comité catholique d’inspection primaire de Mulhouse. Il publie des ouvrages de vulgarisation scientifique, comme Eléments de calcul et de dessin linéaire ou encore Le système métrique.

Il entre en contact avec l’élite manufacturière protestante à partir de 1822 en assurant les cours de chimie que les industriels mulhousiens ont ouverts à leurs frais. En 1855, il devient le premier directeur de l’Ecole préparatoire à l’enseignement supérieur des Sciences et Lettres qui vient d’être créée. Replié à Lyon après l’annexion, il fonde et dirige jusqu’à sa mort l’Ecole de commerce de Lyon.

Dés 1826, il est membre de la Société Industrielle devant laquelle il présente le résultat de ses travaux. Il anime le comité de chimie, le comité d’utilité publique et le comité d’histoire et statistiques. C’est dans ce cadre qu’il s’intéresse à la question sociale : il fait pression sur ces collègues de la SIM pour qu’elle s’active sur la question du travail des enfants et du travail de nuit et il milite pour la création de caisses d’épargne et de prévoyance.

Son dévouement et son efficacité au sein de la SIM lui valent d’être vice-président de la société de 1851 à 1871.

© Conseil consultatif du Patrimoine mulhousien 2010

 

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IL FAUT SAUVER LA FILATURE DMC 1812 !

C'était le thème de notre journée d'action du 19 juin : à l'appel du CCPM, une bonne cinquantaine de personnes se sont retrouvées au pied de la Filature DMC, pour écouter les arguments de Frédéric Guthmann et Pierre Fluck.

Dernière survivante, en France et en Europe continentale, des filatures géantes, celle de Mulhouse est en grand danger.

Le rassemblement avait pour but d'en obtenir le sauvetage, en mobilisant autour d'un projet le propriétaire, la Ville de Mulhouse et la SERM.

Vous pouvez y contribuer en signant la pétition : il suffit d'en demander le texte par mail à :

This e-mail address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it

 

Merci par avance pour votre soutien !

l'équipe du CCPM

 

 

 

 

 

 

 

 

 


CIMETIÈRE CENTRAL DE MULHOUSE
Convention Ville - CCPM - Fondation du Patrimoine

Le 5 novembre 2012, à l'occasion d'une visite-réception des travaux de restauration de la chapelle catholique et des portails, la Fondation du Patrimoine a remis à la Mairie de Mulhouse un chèque de près de 60 000 € représentant les fonds collectés lors des manifestations de soutien organisées par le CCPM et la Ville de Mulhouse entre 2007 et 2009, augmentés de la subvention de la Fondation du Patrimoine

(article sous revue de presse)

 

En voici le rappel :


Le Cimetière central, créé en 1872 par l'architecte-voyer Jean-Baptiste SCHACRE, est bien sûr un lieu d'inhumation, mais aussi un lieu de mémoire : en effet, de nombreux personnages qui ont contribué à l'histoire de Mulhouse y sont enterrés : personnages historiques, industriels, savants, ingénieurs, artistes, etc. Le cimetière est aussi un témoin de l'art funéraire du XIXè et du XXè siècle.

Pour lutter contre la dégradation des tombes illustres et restaurer les éléments remarquables du cimetière (chapelle catholique et portails d'entrée), un cadre juridique a été mis en place :

- une convention entre la Ville, le CCPM et la Fondation du Patrimoine, signée le 6 décembre 2007, a pour objectif de recueillir des fonds pour participer au financement de la restauration de la chapelle et des grilles, dont la maîtrise d'ouvrage est assurée par les services techniques de la Mairie (pour 3 euros collectés, la Fondation du Patrimoine reverse 4 euros à la Ville)

- une ZPPAUP (Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager), approuvée par le Conseil municipal du 15 décembre 2008 fixe le cadre juridique de la protection du cimetière et liste les tombes à protéger et à conserver.


Dans ce contexte, le CCPM a accepté une double mission :

- participer au « comité d'experts » chargé de suivre la mise en œuvre de la ZPPAUP
- animer la souscription publique par l'organisation de différentes manifestations ou en y participant

 

Plusieurs manifestations ont déjà eu lieu :
- exposition sur le projet ZPPAUP
- visites-conférences sur place avec vente de plaquettes
- concerts (le 2 novembre 2008 au Théâtre de la Sinne et le 6 juin 2009 à la SIM)
- édition d'un CD d'œuvres de compositeurs mulhousiens du XIXè siècle

Pour clore l'animation de la souscription, le CCPM et la Ville ont animé trois actions à l'occasion de la Toussaint 2009 :

- un concert de l'OSM à l'Eglise Saint-Etienne, auquel 300 personnes ont assisté et dont la recette a été reversée à l'action cimetière par décision de l'Adjoint à la Culture

- une conférence animée par Marie-Claire Vitoux et André Heckendorn sur l'histoire des cimetières mulhousiens et les aspects architecturaux et paysagers du cimetière central, à la Bibliothèque Centrale.

- la présentation de la plaquette « les artistes mulhousiens », à l'occasion d'une découverte de leurs tombes, sous la conduite de Marie-Claire Vitoux et de Jean-Pierre Ehrmann, secrétaire de l'association « Mémoire Mulhousienne », qui œuvre depuis des années pour la protection des tombes historiques du cimetière. La plaquette, conçue et réalisée par la Ville, est en vente au bureau du Cimetière Central, rue Lefèbvre, au prix de 3 € (le montant de la vente des plaquettes sera reversée à la Fondation du Patrimoine, qui la reversera à la Ville, abondée d'1 €. Vous pouvez aussi l'obtenir par courrier, en envoyant un chèque de 5 € au CCPM - 4, rue des Archives - 68100 Mulhouse)

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